La maison funéraire

J’ai grandi dans une maison funéraire où j’aidais mes parents. Aux alentours de mes 15 ans, nous avons reçu un appel d’un homme dont la femme et le bébé avaient été assassinés de sang-froid. Il n’y avait pas beaucoup d’indices. L’affaire a fait la une des journaux. Les flics ont mis en place une surveillance lors de la veillée. C’était assez prenant car la mère tenait le bébé dans ses bras.

On m’a demandé de prendre les cartes de fleurs et d’aller demander régulièrement au mari s’il reconnaissait les noms. Je les ai ensuite photocopiés et remises en place. Je l’ai fait parce que j’étais un « gamin », les gens me connaissaient et j’étais discret. J’ai beaucoup parlé avec le mari. Il semblait dévasté et secoué. Les flics m’ont dit qu’ils avaient vu quelqu’un quitter la maison le jour du meurtre. Le témoin était une fillette de trois ans. Elle reconnut l’homme qui s’en allait.

C’était le meilleur ami du mari. Il s’avère que l’ami et le mari avaient conclu un pacte pour tuer les familles de l’autre et s’enfuir avec leurs secrétaires. La petite fille a identifié l’ami, et je suppose que l’un d’eux a craqué. Ils sont tous les deux allés en prison pour plusieurs chefs d’accusation, tous sur le témoignage d’un enfant de trois ans. Je n’arrive toujours pas à croire à ce jour que cet homme s’est tenu juste à côté de moi, plusieurs fois, et je n’en avais AUCUNE IDÉE de ce sont il était capable.

Je crois que je n’ai jamais regardé la vie de la même façon après ça.

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